Louis XVI et l'échec des réformes - Mairie de Hauterive

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Publications - Liens > Dossiers thématiques > 14 juillet 1789 - La Révolution Française

14 Juillet : jour de fête Nationale... Pourquoi ?

du 14 juillet 1789 et la Prise de la Bastille
au 14 juillet 1790 Fête de la Fédération


La fête nationale française, le « 14 Juillet » est la fête nationale de la France. Elle a lieu à cette date depuis 1880. Elle a été instituée pour commémorer la fête de la Fédération en 1790, jour d'unité nationale, et non pas la prise de la Bastille directement. C'est un jour férié en France.

Le 21 mai , le député Benjamin Raspail dépose la loi faisant du 14 juillet la fête nationale annuelle en commémoration du 14 juillet 1790, (fête de la Fédération). Le 14 juillet 1789 (prise de la Bastille) ayant été une journée jugée sanglante, c’est la Fête de la fédération qui emporta les suffrages. C'est finalement le 14 juillet 1790 seul qui est commémoré.

La loi, signée par 64 députés, est adoptée par l'Assemblée le 8 juin et par le Sénat le 29 juin. Elle est promulguée le 6 juillet 1880.

Comment en est-on arrivé là ?

Louis XVI et l'échec des réformes

Louis XVI a vingt ans lorsqu'il monte sur le trône en 1774. Plein de bonnes intentions, ce petit-fils de Louis XV, qui n'a pas la force de caractère nécessaire à la conduite de l'Etat, entame son règne par une mesure négative : le rétablissement des Parlements dans leurs anciens pouvoirs. Louis XIV avait su tenir en respect ces cours de justice, composées de privilégiés ayant acheté leur charge, qui voulaient jouer un rôle politique en usant de leur droit de "remontrance".

Le Duc d'Orléans, désireux de casser le testament de Louis XIV pour s'assurer de la régence, leur rend leur pouvoir en 1715 et Louis XV doit mener contre eux une longue lutte qui aboutit en 1771 à une réforme complète imaginée par le Chancelier Maupeou.

Les parlements sont réduits à leur seule fonction de justice. Les charges de parlementaires échappent à la vénalité et l'autorité royale s'impose.

Louis XIV Le Grand - Le Roi Soleil
5 septembre 1638 - 1er septembre 1715
a régné de 1643 à 1715


Louis XV Le Bien Aimé
15 février 1710 - 10 mai 1774
a régné de 1715 à 1774



Trois ans plus tard, Louis XVI, par souci de satisfaire ce qu'il croit être l'aspiration profonde de ses sujets, rend à une classe politicienne parasitaire, hostile à tout projet de réforme risquant d'entamer ses privilèges, la possibilité d'entraver la politique monarchique. Il le regrettera quand l'opposition systématique des Parlements (qui à la différence de leur homonyme anglais ne représentent pas le pays, mais les seules couches privilégiées) le contraindra à convoquer les Etats généraux.

Le roi dispose pourtant, au début de son règne, d'une équipe ministérielle remarquable. Vergennes est secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, Sartine continue l'oeuvre navale de Choiseul, le compte de Saint Germain réorganise et modernise l'armée.

Le poste de contrôleur des finances revient à Turgot. Grand serviteur de l'Etat, ancien intendant du Limousin, il a été l'un des rédacteurs de l'Encyclopédie et compte parmi les chefs de file de l'école physiocratique, un groupe d'économistes attachés à la libre circulation des marchandises et au progrès de l'agriculture. Turgot pratique une politique budgétaire rigoureuse et favorise le développement économique pour rétablir la situation financière de l'Etat.

Louis XVI
23 août 1754 - 21 janvier 1793
a régné de 1774 à 1793


Anne Robert Jacques TURGOT Baron de l'Aulne
1727 - 1781


Jacques NECKER - 1732 - 1804


Charles Alexandre de CALONNE
1734 - 1802


Etienne Charles de LOMENIE DE BRIENNE
1727 - 1794



Chrétien Guillaume de LAMOIGNON DE MALESHERBES
1721 - 1794

La libre circulation des grains, l'abolition de la corvée royale et la suppression des corporations entravant le libre jeu du marché sont les principales mesures de son programme. La corvée est remplacée par l'appel à une main d'oeuvre rémunérée ; l'opération est financée par un impôt, la subvention territoriale, payé par tous les propriétaires sans distinction d'ordre.

Innovation difficile à admettre pour les détenteurs de privilèges fiscaux, nobles ou écclésiastiques. Le projet d'élection de "municipalités" locales aurait permis d'associer la population à la préparation de certaines décisions. Ces projets de réforme heurtent trop d'intérêts et la cour intrigue contre le ministre. De mauvaises récoltes font monter le prix du pain et la "guerre des farines" donne l'occasion à l'opinion et au roi d'accabler Turgot.

Révoqué en 1776, le ministre est remplacé par un banquier genevois, Necker, ami des "philosophes" et du "parti intellectuel", fonctièrement hostile à la monarchie absolue. Directeur des finances, Necker recourt généreusement à l'emprunt et cette politique de facilité qui ne lèse sur l'instant aucun intérêt particulier est appréciée par la cour et les privilégiés. Quand il abandonne les affaires en 1781, il rédige un "Compte rendu au Roi" qui se veut une ébauche de budget ; il y révèle le poids des pensions versées aux nobles, en oubliant dans ses calculs de compter les charges engendrées par la guerre d'Amérique.

Louis XVI fait appel ensuite à Calonne, contrôleur général des Finances de 1783 à 1787. Confronté au problème du redressement financier, il convoque une assemblée de notables désignés par le Roi pour autoriser ce dernier à lever un nouvel impôt qui concerne tous les ordres du royaume. C'est oublier que les notables sont tous ou presque des privilégiés qui en sont dispensés : ils se refusent à toute concession. Le successeur de Calonne, Loménie de Brienne, renvoie les notables, mais c'est pour se retrouver opposé aux Parlements dès qu'il envisage de prendre des mesures fiscales énergiques.

Pour en finir avec l'opposition parlementaire, le chancelier Lamoignon entreprend en 1788 d'imposer une réforme comparable à celle de Maupeou, remise en question lors de l'avénement du Roi. Cette tentative suscite des troubles très graves à Rennes et à Grenoble (où éclate, durant l'été 1789, la "journée des Tuiles").

Le Roi cède ; il accepte de rappeler Necker et de convoquer les Etats Généraux en mai 1789.

Sources : L'aventure de la France - Editions du May

Retrouvez le 2ème volet : l'explosion révolutionnaire de l'été 1789.

La journée des Tuiles - Grenoble 7 juin 1788

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