Les forages à Hauterive - Mairie de Hauterive

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Les forages
à
Hauterive

Depuis le XVIIe siècle, les auteurs vichyssois signalaient, à Hauterive, des émergences naturelles d'eaux minérales. C'est le cas de Claude Mareschal, dans sa Physiologie des Eaux Minérales de Vichy en Bourbonnais, publiée en 1636. Evoquant les eaux minérales, il indique que le voyageur "en trouvera […] à cinq cens pas au dessus d'Auteribe, le long de la rivière d'Alier, qui sont froides et acides en perfection, où il verra avec subject d'admiration, comme la source liant ensemble le sablon, s'est faite un bassin merveilleux, au bas duquel boüillonne en divers endroits ceste mesme source".
D'autres auteurs décriront ces sources naturelles à la fin du XVIIIe siècle.

Dans les années 1836, ces émergences naturelles sont rachetées par le savant clermontois Henri Lecoq, pour le compte des frères Brosson, concessionnaires de l'Etablissement thermal de Vichy. Pendant la durée de la concession, ils vont exploiter les eaux de Hauterive, principalement pour préparer du bicarbonate de soude entrant dans la composition des pastilles. A la suite de leur départ de Vichy, ils décident en 1843 de se constituer un patrimoine thermal concurrent à celui de l'Etat. De mars à septembre 1843, ils vont donc aménager les émergences naturelles de Hauterive, afin d'en augmenter le débit. En 1853, la source de Hauterive devient la propriété de l'Etat. Elle prend le nom de Hauterive-Etat. Elle sera déclarée d'intérêt public dès 1861 et dotée d'un périmètre de protection en 1874. Cette source sera reforée en 1911 et deviendra la source Hauterive-Etat n° 2. Autorisée le 11 août 1912, elle sera déclarée d'intérêt public le 24 janvier 1920 et dotée d'un périmètre de protection le 17 avril 1930.

Même si c'est à Hauterive qu'est né le mouvement de forage du bassin de Vichy (par celui de la source nature de Hauterive en 1843), il faudra attendre les années 1889 pour voir Hauterive participer au vaste mouvement inspiré de Saint-Yorre. Son importance est moindre, avec 27 sources forées entre 1889 et 1929. Les prétendants aux forages sont souvent des acteurs locaux de la vie économique.

L'un des premiers à se lancer dans les forages est M. Lucien Ramin, de Bellerive, beau-père d'Antonin Mallat, l'initiateur des forages de sources à Saint-Yorre, en concurrence directe avec Nicolas Larbaud. Il débute son forage le 11 mars 1889 et, le 20 mai suivant, il atteint le niveau aquifère. Il donne son nom à la source qu'il a découverte.

Aussitôt le captage de la source Ramin achevé, M. Gal Thollier (propriétaire, décédé à Hauterive en 1892) entreprend, en mai-juin 1889, le forage d'une source qu'il obtient et à laquelle il donner le nom de source Amélie.

En 1889, M. Blanchonnet, après avoir déjà foré quelques sources à Saint-Yorre, va s'intéresser au sous-sol de Hauterive : il obtiendra la source du Globe (vers 1889), la source La Générale (1892) et la source Bayard (1892).

Ancien juge au tribunal de commerce de Montluçon, il sera à l'origine de la société Blanchonnet et Cie (devant ensuite l'importante Société Générale d'Eaux Minérales Naturelles du bassin de Vichy et du Centre de la France).

On trouve également des Vichyssois, tels M. Larbaud-Mercier, pharmacien à Vichy, qui obtient la source Deux-Etoiles (1893), ou encore Mme Perrin, propriétaire de l'établissement du Hammam à Vichy et qui fait forer les sources du Hammam n° 1 (1893) et n° 2 (1893).

Un cussétois, M. Saturnin Charnay, également propriétaire de la source des Templiers à Cusset, se lance aussi dans le forage de deux sources : la source Cosmopolite (1898) et la source des Dominicains (1898).



En 1900, M. Arthur Mille, pharmacien, dépose deux demandes d'autorisation pour ses sources de Hauterive, la source du Griffon (1900) et la source Trianon (1901).

En fait, rares sont les gens de Hauterive qui se lancent dans le forage des sources : on peut noter M. Alexis Moulin (source Saint-Ange, en 1901) et M. Planche (source Racine).

Certains font forer une source sur un terrain vierge et obtiennent ainsi une plus-value foncière rémunératrice : c'est le cas de l'entreprise vichyssoise de forages Planchin, lorsqu'elle fore la source Roger en 1901.

Après la Première Guerre mondiale, le mouvement de forage semble clos ; mais l'annonce d'une prochaine extension du périmètre de protection des sources de Vichy (mis en place en 1930) incite certains propriétaires de sources à se lancer dans d'ultimes forages en 1929 (c'est le cas de MM. Planche et Chauve, avec les sources Lumière n° 2, Locarno et Délicieuse). La Société commerciale de Saint-Yorre participe également à ce modeste mouvement de forage en obtenant les sources Denise (autorisée en 1931) et Royale n° 2 (autorisée en 1939).

Aujourd'hui, il subsiste trois sources autorisées (ainsi que trois autres en instance d'autorisation) à Hauterive. Le patrimoine sourcier de Hauterive s'est inscrit, lui aussi, dans ce vaste mouvement de rationalisation des ressources en eau minérale qui a atteint le bassin de Vichy.

Nos remerciements à Pascal CHAMBRIARD - Auteur de "Aux Sources de Vichy - Naissance et Développement d'un bassin thermal (XIXè - XXè siècles) - Editions Bleu Autour.

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