14 août 1944 à Hauterive - Mairie de Hauterive

Aller au contenu
Tourisme > Histoire

Résumé chronologique des événements du 14 août 1944
où Messieurs Célestin CHINO et Antoine FULLIN
furent fusillés par la Gestapo
après les avoir obligés à creuser leur tombe.

Dans la nuit du 13 au 14 août 1944, vers 23 h 30, des gardes voies prennent un verre au café des Sables, tenu par Monsieur et Madame FULLIN. On frappe à la porte, puis deux allemands entrent dans le café, Messieurs WALTER et SCHULTZ, accompagnés de Monsieur GAURUT (habitant Hauterive près de la Gare).

Sous la menace de leurs armes, ils obligent Monsieur et Madame FULLIN à les conduire à la chambre de leur fils. Toujours sous la menace, ils demandent à Antoine dit Toni : " Où est ton révolver et tes munitions ? Si dans deux minutes tu ne l'as pas donné on te descend. " Alors Toni donne son arme mais ils ne tiennent pas compte de son geste et l'emmènent à la Gestapo de Vichy où il est interrogé et torturé.

Ensuite vers une heure du matin, la Source du Hammam où habitent les familles COGNET, HANNE et CHINO est encerclée par des voitures d'allemands et des tractions de la milice.

Messieurs WALTER, SCHULTZ, LUDI et WELLS frappent à la porte de Monsieur COGNET, lequel n'ouvre qu'après sommation " Police ouvrez ! ".

Toujours accompagné de Monsieur GAURUT ils demandent où habite Monsieur CHINO. Ils vont donc frapper chez ce dernier qui ouvre la porte après sommation : " Police allemande, ouvrez ! ". Tout juste vêtu, Monsieur CHINO est emmené par les allemands. Ensuite, Monsieur GAURUT parle à Monsieur CHINO et lui dit que la police allemande cherche des armes puis il prend les informations anglaises.

Pendant ce temps, les allemands fouillent cave, potagers et divers endroits dans la maison en espérant y trouver quelque chose, Monsieur WALTER qui dirige les opérations avec ses subordonnés, oblige les deux prisonniers emmenés dans le jardin à creuser leur tombe. Au cours de cette terrible épreuve un allemand est blessé ou tué par Monsieur CHINO d'un coup de pioche (ce récit a été vu et entendu par Monsieur PERRISSEL, le beau père de Monsieur CHINO qui s'était caché dans une cabane vers un poulailler tout proche). Ensuite ils sont exécutés par les allemands.

Leur forfait accompli, ils reviennent à l'appartement et emmènent Madame CHINO et sa fille âgée de 14 ans ½, à l'époque, à la Gestapo de Vichy (Hôtel du Portugal). Entre temps le fils âgé de 19 ans s'était réfugié sur le toit. Interrogée avec sa fille pendant deux jours dans les conditions que beaucoup d'internés, hélas, ont connu, Madame CHINO et sa fille sont relâchées. On se demande pour quelles raisons elles n'ont pas été dirigées sur Moulins avant de rejoindre les camps de concentration, comme trop de Vichyssois l'ont été. Madame CHINO ne savait pas que son époux faisait partie d'un mouvement de résistance avec des maquisards F.T.P. de la région de Saint-Yorre. Effectivement, il aurait caché des armes de diverses provenances dans sa cave. Ce n'est qu'en rentrant chez elle avec sa fille qu'elle apprend que son mari a été fusillé avec son ami Toni dans les conditions évoquées ci-dessus.

Au matin du 14 août 1944, les voisins consternés découvraient les deux cadavres, les corps torturés. Le lendemain, l'ensemble de la population de Hauterive et des communes voisines assistait recueillie et stupéfaite aux obsèques de ces deux martyrs.

En août 1945, était inaugurée la stèle élevée à l'emplacement même de l'assassinat de ces deux Hauterivois, par Monsieur le Maire PAYANT et Monsieur J. GUILLAUMIN.


Retourner au contenu